Aimer les gens

Posted on 06/06/2017

J’ai (enfin) regardé le show Homecoming King de Hasan Minhaj sur Netflix et sans grande surprise, j’ai adoré. Outre l’humour absurde, j’ai toujours eu un faible pour l’humour faussement simple et léger qui pousse à poser un autre regard sur la société et la nature humaine. De toute évidence, Hasan Minhaj est d’une grande intelligence. Il y a eu beaucoup de moments où j’ai été scotchée par sa lucidité. En tant qu’immigrante et basanée, je me suis reconnue dans ses propos. Personnellement, je n’ai jamais été victime de « racisme direct » (j’ai eu la chance de grandir en France à une époque où le racisme ouvertement décomplexé était mal vu), mais j’ai déjà eu droit à des propos condescendants de gens (des inconnus et parfois des connaissances) qui se considèrent clairement (inconsciemment ou non) supérieurs à moi du fait de leur taux de mélanine. C’est sans compter les fausses blagounettes à mes dépens qui en disent long sur le sentiment de privilège dont ils sont investis comme un droit inné. Oh que j’en ai, des anecdotes à ce sujet. J’ai toujours eu une réaction complexe par rapport à ça. D’un côté, mon éducation et la culture de mon pays d’origine (Madagascar) font que j’ai un côté très poli qui s’empêche les débordements. De l’autre côté, j’ai une personnalité entière qui prend la forme d’un dragon prêt à se lâcher au moindre manque de respect. J’essaie de préserver ma zénitude, mais je n’ai pas encore réussi à apprivoiser complètement ce terrible dragon. Dans des circonstances normales, je suis d’un tempérament doux, mais il ne faut vraiment pas me chercher (j’appelle ça, avec beaucoup de poésie, le « foutage de gueule »), sinon c’est pétage de plombs garanti. Mais je m’égare. Revenons-en à l’harmonie entre humains. Je pense qu’il faut malgré tout continuer à aimer les gens et à pardonner. Ça ne veut pas dire excuser l’inexcusable et devenir le BFF de quelqu’un qui nous a fait du tort, mais comme dirait Hasan Minhaj, « your courage to do what’s right has to be greater than your fear of getting hurt ».

Enki

Posted on 30/05/2017

Enki Bilal a été l’une de mes premières idoles de jeunesse. L’univers qu’il a créé dans ses BD me fascinait, tout comme son coup de crayon (je pense qu’on peut encore retrouver son influence dans mes dessins). C’est, comme dirait Le Monde, « un artiste protéiforme » (lecture que je recommande vivement; il est doué d’une grande lucidité). Chaque fois que je tombe sur un article qui parle de lui ou sur un de ses dessins, je me retrouve projetée dans mes années adolescentes. C’est véritablement l’un des premiers artistes qui m’a ouvert au monde des possibles.

Bruit

Posted on 23/05/2017

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une préférence pour l’essentiel. Mes malheureuses années de voyage avec trois tonnes de bagages pourraient laisser penser le contraire (un travers que j’avais hérité de mes parents, originaires d’un pays du tiers monde, qui traînent un sentiment de manque compréhensible). Malgré tout, à force de déménager et de voyager, j’ai appris à vivre léger. C’est pareil pour toutes les sphères de ma vie, notamment ma vie en ligne. J’ai toujours opté pour le minimum. Je n’ai pas de compte Facebook ni de compte Instagram public (j’ai un compte secret pour ma famille et mes amis intimes). Pour ça, j’avoue que je suis old school. Je n’ai jamais compris le besoin de montrer en ligne des photos de ses voyages à des inconnus ou de vagues connaissances, à moins d’être quelqu’un qui a besoin de se bâtir une notoriété dans l’espace public, comme un blogueur, un artiste visuel ou une vedette. Est-ce un besoin de validation? Ou les conséquences pernicieuses de l’addiction intentionnellement créée par les compagnies technologiques? (article fascinant ici)
Anyway, il ne me reste donc que Twitter. Et Twitter me fatigue de plus en plus. J’ai beau filtrer et unfollower, mon univers continue à être contaminé par du bruit inutile. Le fameux noise. Et je dois dire que je suis fatiguée que l’actualité soit présentée comme un permanent spectacle sur le fil Twitter. Parfois, je me surprends à attendre la suite des tweets, comme si c’était le dénouement d’un épisode d’une série Netflix. C’est comme une pornographie d’informations. Ça me gave. J’ai récemment recommencé à consulter Twitter après une pause techno qui a duré plusieurs mois (depuis la fin de 2016) et pour tout dire, ça ne m’avait pas vraiment manqué. J’ai bien pensé à fermer mon compte, mais je suis actuellement de près la politique en France et je tiens quand même à rester connectée avec le monde des arts visuels, histoire d’être un peu au courant de ce qui se passe. Je cherche encore une solution efficace pour lutter contre le bruit. Je déteste ce sentiment de devoir subir quelque chose que j’ai pourtant volontairement fait le choix de garder dans ma vie. First world problem alright.

Before I die

Posted on 02/05/2017

La première fois où j’ai été vraiment confrontée à l’idée de la mort, qui n’était jusque-là qu’un concept abstrait dans ma tête, j’avais 16 ans. Un de mes frères était subitement tombé gravement malade et pendant un long moment, j’ai eu peur de ne plus jamais le revoir après son admission à l’hôpital. Quelques années plus tard, à 23 ans, alors que je travaillais dans la région de Toronto, j’ai reçu au bureau un appel d’une amie d’enfance de France qui m’a annoncé que Fred, un de mes plus proches amis d’adolescence, s’était suicidé. J’étais sous le choc et à vrai dire, je pense que je suis restée dans le déni pendant très longtemps avant d’accepter qu’il était vraiment parti. Ces événements m’ont amenée à me poser des questions sur ma vie et sur ce que je voulais en faire. Sans grande surprise, cette vidéo TED de Candy Chang m’a beaucoup touchée.

J’ai toujours ressenti au plus profond de moi une grande urgence de vivre pour ces raisons et parce que j’ai vu mes parents galérer durant mes premières années d’existence dans un des pays les plus pauvres du tiers-monde, et je sais à quel point les privilèges dont je bénéficie actuellement ont été acquis à grands coups de sacrifices et de luttes. J’ai eu une vie bien remplie et je dis toujours en riant que maintenant que j’ai vu le Japon, qui était l’un de mes plus grands rêves, je peux mourir tranquille. Mais j’ai encore des idées et des rêves plein la tête. You can’t stop the beat.

Life lately

Posted on 19/03/2017

  • Quand j’étais ado et mini-adulte, la façon que mon cerveau avait trouvée pour canaliser ma rage et mon stress, à part le dessin, était la course à pied. À onze heures du soir, je mettais mes baskets machinalement et je partais courir. C’était salvateur et ça m’a probablement épargné bien des crises de nerfs. Ces dernières années, j’avais de plus en plus envie de puncher et kicker dans quelque chose, alors j’ai récemment commencé le kickboxing. Ce n’est pas vraiment surprenant. J’ai toujours préféré les films où les protagonistes sont des femmes qui se battent aux films où elles jouent des nunuches dont les seuls centres d’intérêt sont le shopping et parler des garçons (ugh… don’t even get me started). Mon premier coup de cœur a été Major (Motoko Kusanagi dans Ghost in the Shell, œuf corse). Puis il y a eu Angelina Jolie dans Lara Croft (la scène où elle se bat, accrochée à un élastique… j’y pense encore plus de 10 ans après). Jinx (Halle Berry) dans James Bond (une Bond girl qui ne joue pas la potiche de service). Trinity (Carrie-Anne Moss) dans Matrix (œuf corse). Et bien d’autres. Sans grande surprise, j’ai très hâte de voir Charlize dans Atomic Blonde. Bref, j’ai récemment commencé le kickboxing.

 

  • J’ai essayé plusieurs fois (enfin… deux fois) d’aimer Instagram, mais je n’ai jamais accroché. L’idée de montrer des images de mon quotidien à des inconnus ou des gens que je connaissais vaguement en ligne me rend mal à l’aise (le fait que des inconnus regardaient et likaient des photos de ma vie privée m’était insupportable… je percevais ça comme une intrusion dans mon espace privé). Mais récemment, en parlant avec un de mes frères (lesquels résident tous en France), j’ai eu envie de leur montrer plus de photos de ma vie au Canada. Habituellement, j’uploade les photos sur mon compte Google, mais c’est beaucoup de travail (je dois sélectionner les photos, les convertir au format jpeg, faire la post-édition dans certains cas, uploader puis leur envoyer un courriel pour leur dire qu’il y a de nouvelles photos). Du coup, j’ai décidé de recréer un compte Instagram juste pour ma famille et que personne ne pourra trouver (du moins, personne ne pourra faire le lien entre moi et ces photos… jusqu’ici, tout va bien). Bizarrement, j’alimente mon fil beaucoup plus régulièrement et je fais plus d’effort pour publier des photos plus travaillées côté composition et édition.

 

  • Je travaille actuellement sur un projet auquel je consacre tout mon temps libre. Ce n’est pas la première fois que je cumule job alimentaire et projet personnel, mais cette fois-ci, c’est très spécial. J’aime ces moments où je ressens cette furieuse envie de créer. C’est énormément de travail, bien sûr, mais comme je le dis toujours en riant, « je suis issue d’une famille d’immigrés; lutter et bosser fort, c’est dans mes gènes. » (cue la bande-son de Rocky).

 

  • Meilleur souvenir au palmarès de 2017 jusqu’à présent : premier roadtrip avec ma Cooper S au fin fond de l’hiver. Mes proches connaissent mon penchant pour le ronronnement des moteurs de Porsche, les voitures rapides et la vitesse — ce qui est tout à fait bizarre, parce que les sensations fortes me donnent généralement des sueurs froides (les montagnes russes, c’est NON MERCI, JAMAIS DE LA VIE). Dans une prochaine vie, j’aurai peut-être une Porsche 911 (Carrera S, œuf corse), mais pour l’instant, la Cooper S me convient parfaitement. Weeeeeeeeeeeeee!