J’ai (enfin) regardé le show Homecoming King de Hasan Minhaj sur Netflix et sans grande surprise, j’ai adoré. Outre l’humour absurde, j’ai toujours eu un faible pour l’humour faussement simple et léger qui pousse à poser un autre regard sur la société et la nature humaine. De toute évidence, Hasan Minhaj est d’une grande intelligence. Il y a eu beaucoup de moments où j’ai été scotchée par sa lucidité. En tant qu’immigrante et basanée, je me suis reconnue dans ses propos. Personnellement, je n’ai jamais été victime de « racisme direct » (j’ai eu la chance de grandir en France à une époque où le racisme ouvertement décomplexé était mal vu), mais j’ai déjà eu droit à des propos condescendants de gens (des inconnus et parfois des connaissances) qui se considèrent clairement (inconsciemment ou non) supérieurs à moi du fait de leur taux de mélanine. C’est sans compter les fausses blagounettes à mes dépens qui en disent long sur le sentiment de privilège dont ils sont investis comme un droit inné. Oh que j’en ai, des anecdotes à ce sujet. J’ai toujours eu une réaction complexe par rapport à ça. D’un côté, mon éducation et la culture de mon pays d’origine (Madagascar) font que j’ai un côté très poli qui s’empêche les débordements. De l’autre côté, j’ai une personnalité entière qui prend la forme d’un dragon prêt à se lâcher au moindre manque de respect. J’essaie de préserver ma zénitude, mais je n’ai pas encore réussi à apprivoiser complètement ce terrible dragon. Dans des circonstances normales, je suis d’un tempérament doux, mais il ne faut vraiment pas me chercher (j’appelle ça, avec beaucoup de poésie, le « foutage de gueule »), sinon c’est pétage de plombs garanti. Mais je m’égare. Revenons-en à l’harmonie entre humains. Je pense qu’il faut malgré tout continuer à aimer les gens et à pardonner. Ça ne veut pas dire excuser l’inexcusable et devenir le BFF de quelqu’un qui nous a fait du tort, mais comme dirait Hasan Minhaj, « your courage to do what’s right has to be greater than your fear of getting hurt ».